Traversée Arête de Rochefort – Grandes Jorasses

23 et 24 juin 2018

On part ce samedi avec le Chiot, Lulu et Mathieu pour cette monstre traversée à cheval entre la france et l’italie. En résumé: c’est une immense arête qui comporte 8 sommets dont 7 – 4000m.
Depuis Courmayeur, on prend le télé jusqu’à la Punta Helbronner. Il est aux alentours de 8h30.
On remonte le glacier en direction de la Dent du Géant puis le couloir jusqu’au lieu dit « la salle à manger ».
D’ici nous rejoignons le début de l’arête du Rochefort que l’on gravit rapidement, les conditions sont excellentes. Une fois passés par l’Aiguille de Rochefort et le Dôme de Rochefort, on fait un série de rappels qui nous amène au col des Grandes Jorasses où se trouve le petit bivouac Canzio (Ils l’ont repeint en vert fluo et c’est moche).
Petite halte pour boire une goûte et manger un morceau. On regarde la montre: 14h00. Niquel. On continue !
La suite nous met direct dans l’ambiance ! Devant nous, la pointe Young que nous devons remonter. On tire des longueurs dans un rocher technique et en crampons, là on comprend que les Grandes Jo’ se méritent parce que c’est vraiment pas donné ! Arrivés au sommet, un court rappel puis une remontée puis une traversée puis un autre rappel nous amène à un couloir raide mais facile qui nous fait monter à la Pointe Marguerita.
Les heures passent et le coucher de soleil nous offre son sublime spectacle. Nous avons redescendu la Pointe Marguerita et Lulu nous motive à continuer malgré la nuit, à la frontale. Merci mec !
Fatigués mais heureux d’être là, on continue donc à la lueur de nos loupiotes. Beaucoup de courtes sections de grimpe suivies de désescalade sur une arête très aérienne, ambiance !.
On franchi la Pointe Croz, on se motive pour continuer. De toute manière ici pas un bout de plat pour poser son cul…
Une dernière arête en neige puis un petit bout de face et nous voici au sommet de la Pointe Whymper. On sort les sacs de couchage et on ne tarde pas à fermer les yeux. Quelle journée ! Il est 00h30

Après une courte nuit, on se fait réveiller par un magnifique levé de soleil. Cet incroyable spectacle nous fait pardonner à l’aube de nous avoir sorti du monde des rêves.
On range tout dans le sac et on monte vite à la Pointe Walker, dernier sommet du périple.
La descente qui suivra aura été longue et longue et longue et qui nous obligera à ne pas nous déconcentrer une seconde. D’abord un couloir très raide mais en bonne neige sous les séracs, une série de rappels (où on coince la corde… génial ! Merci le chiot j’avais plus le courage haha), une traversée en glace-neige, une arête, de la désescalade, une autre série de rappels puis enfin sur un glacier assez plat pour reposer notre cerveau et penser que depuis hier matin on a but que 3cl d’eau et que bordel il fait soif !
On descend sur le cul jusqu’au refuge Boccalatte. On fait du thé (petit orgasme) et on se motive à descendre jusqu’à Planpincieux puis jusqu’à La Pallud où nous attend la voiture.
Ce fût long et douloureux.
Quelle aventure, difficile à décrire tellement c’était incroyable. Un immense merci à mes compagnons de cordée, j’ai pas de mots. Merci.

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